
Le Frac Aquitaine est financé par le Conseil régional d’Aquitaine et l’État (Ministère de la Culture et de la Communication – Direction régionale des Affaires culturelles d’Aquitaine), avec le soutien de la Ville de Bordeaux.
Heidi au pays de Martin Kippenberger
Œuvres de Thomas Bayrle, Simone Decker, Andreas Exner, Tamara Grcic, Martin Kippenberger, Marko Lehanka, Thomas Schütte et la Collection Rausch (Francfort)
Consacrée à la scène artistique allemande dans le cadre de la coopération culturelle entre la Région Aquitaine et le Land de Hesse, cette exposition est présentée, en deux volets complémentaires, sur deux sites :
- du 28 mai au 5 septembre 2009 au Frac Aquitaine à Bordeaux : vernissage jeudi 28 mai à 18h30
- du 29 mai au 7 septembre 2009 au Carré Bonnat à Bayonne : vernissage vendredi 29 mai à 12h
Heidi au pays de Martin Kippenberger a pour objet d’entrevoir la portée artistique de Kippenberger (mort prématurément en 1997) sur la scène artistique actuelle à travers le prisme d’un conte pour enfants. De cette manière, deux générations d’artistes se succèdent, se télescopent et dialoguent pour révéler des liens de transmission. Cette exposition mêle ainsi des œuvres
« historiques » des années 1970/1980 (Kippenberger, Bayrle, Schütte) empruntées notamment au Landesmuseum de Darmstadt, à des œuvres plus récentes d’artistes de la génération suivante (Lehanka, Decker, Gcric, Exner) souvent issus de la scène de Francfort qui agit comme un indéniable foyer artistique local. En témoigne la collection privée du couple Rausch, concierges à la Städelschule (école d’art) qui, patiemment, ont collecté 700 œuvres sur quinze années, pour constituer une sorte de « photographie » spontanée de cette vitalité artistique.
Tout rapprochement nécessite un déplacement géographique, mental, symbolique. « Où est mon pays ? » s’interrogeait Kippenberger dans un tableau en 1982. Réfléchir à cette notion de « jumelage » entre deux régions, incite à préciser ce qui les distingue, ce qui les unit.
Heidi au pays de Martin Kippenberger s’organise en déployant des pièces comme autant d’éléments d’un paysage à reconstituer. Des oreilles de cochon peintes et une fleur composée de planches de surf plantent un décor champêtre à l’intérieur duquel s’intègrent des sculptures futuristes, des paysages industriels ou des tableaux d’entrelacs autoroutiers. En contrepoint, se révèlent des éléments renvoyant à l’histoire de Heidi, imaginée par Johanna Spyri au XIXe, narrant le destin d’une fillette, ballottée entre les Alpages suisses et la ville de Francfort.
Le conte de Heidi permet de faire se rejoindre l’idée de deux territoires contrastés (les Alpes Suisses/Francfort ; l’Aquitaine/la Hesse ; Bordeaux/Bayonne) et signale, au terme de son dénouement, que la relation des contraires trouve son accomplissement dans leur réunification. Ce dont il est également question est de l’ordre de la spéculation - dans le contexte artistique d’une mise en doute permanente sur nos certitudes, induite par la démarche d’un Martin Kippenberger.
Claire Jacquet, commissaire
Coordination : Hélène Squarcioni et Julia Reichelt
